Samedi (01/02), le sénateur Davi Alcolumbre (União Brasil), 47 ans, a été réélu président du Sénat, tandis que le député Hugo Motta (Republicanos) a été élu président de la Chambre des députés. Les nouveaux dirigeants élus des deux chambres rencontreront le président Lula lundi matin (03/02) pour discuter du programme prioritaire du gouvernement.
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Votes significatifs
Motta et Alcolumbre ont tous deux obtenu un soutien important lors de leurs élections, recevant le soutien du gouvernement et de l'opposition. Dans leurs discours d’investiture, les deux hommes ont envoyé des signaux contradictoires sur leur future relation avec l’exécutif. Alcolumbre a parlé d’une position courageuse envers le gouvernement, le pouvoir judiciaire, les médias et les marchés financiers. Dans le même temps, Motta a mis l’accent sur un Parlement fort, plaidant pour la stabilité économique et défendant les amendements parlementaires, un sujet qui devrait susciter de nouveaux conflits en 2025.
Agendas du gouvernement
Au cours des deux premières années de son mandat, le président Lula a connu des moments de coopération et de friction avec le Congrès national. Les pouvoirs exécutif et législatif se sont mis d'accord sur des questions clés telles que la réponse aux attentats du 8 janvier 2023, l'approbation de la réforme fiscale et les réductions des dépenses fédérales. Cependant, des tensions sont apparues sur des sujets tels que la transparence des amendements parlementaires, les critiques de Lula sur la « taxe sur les t-shirts » et ses vetos sur les exonérations de l'impôt sur les salaires et le refinancement de la dette de l'État.
Réforme ministérielle
Avec la confirmation des élections de Davi Alcolumbre et Hugo Motta, les responsables du gouvernement et les alliés du Congrès estiment que le président Lula va désormais procéder à des changements dans son équipe ministérielle. On s'attend à ce que des annonces soient faites cette semaine. Lula attendait que la nouvelle direction législative définisse ces changements en consultation avec les députés et les sénateurs. Motta a indiqué qu'il fera pression pour un changement au sein du Secrétariat des Relations Institutionnelles, en plaidant pour un rôle de coordination politique plus fort au sein du Palais du Planalto.
Relation avec le STF
Les nouveaux dirigeants du Congrès devront également régler un différend en cours avec la Cour suprême fédérale (STF) au sujet des amendements parlementaires. Une réunion est prévue en février avec le ministre Flávio Dino, rapporteur du STF sur les cas de blocage des transferts de fonds. En outre, les tensions augmentent alors que la Cour suprême avance dans ses enquêtes sur les détournements présumés de fonds par des membres du Congrès. Les législateurs font pression pour une résolution rapide, Motta exprimant le désir d'une relation plus étroite avec la Cour, y compris des négociations sur des amendements. Alcolumbre, après sa réélection, a prôné le dialogue et la conciliation entre les branches.
Relation avec le Centrão
Le bloc politique connu sous le nom de Centrão a célébré sa victoire au contrôle du Congrès, la considérant comme une opportunité d'étendre son pouvoir sur le gouvernement et les fonds publics, en particulier à un moment où la popularité de Lula déclinait. Samedi soir (01/02), après les élections, les dirigeants du Centrão discutaient déjà d'une possible restructuration du gouvernement et d'un effort pour reprendre le contrôle des amendements parlementaires. Motivés par leur position renforcée, ces dirigeants ont commencé à plaider en faveur d'un remaniement de l'administration de Lula, qui pourrait réduire l'influence du PT dans les efforts de coordination du gouvernement.
Analyse:
L'élection de Davi Alcolumbre au Sénat et de Hugo Motta à la Chambre des députés consolide la domination du groupe Centrão sur le Congrès national. Elle représente un nouveau défi pour l'administration du président Lula. Malgré le discours optimiste du président et de ses alliés, la réalité politique reste défavorable au gouvernement, qui doit faire face à un Congrès largement orienté vers le centre-droit et la droite. Au cours de ses deux premières années au pouvoir, Lula a enregistré l'une des plus faibles performances législatives de tous les présidents, même après avoir accordé 11 ministères au groupe Centrão dans le cadre d'une stratégie de marchandage politique. La victoire des nouveaux dirigeants législatifs ne garantit pas la gouvernabilité mais renforce plutôt la nécessité de négociations constantes de la part de l'exécutif pour éviter des revers importants.
Bien que Alcolumbre et Motta aient reçu le soutien du gouvernement, leurs discours inauguraux ont clairement montré qu’ils avaient l’intention de renforcer l’indépendance du Parlement. L’un des principaux points de tension sera la relation entre le Congrès et la Cour suprême fédérale (STF), notamment en ce qui concerne les amendements parlementaires. Le Centrão fait pression pour une résolution rapide des obstacles juridiques qui bloquent les transferts de ressources, tandis que la STF poursuit ses enquêtes sur les détournements présumés de fonds par les législateurs. La présence de Flávio Dino comme ministre de la Cour suprême ajoute une dimension politique à ce conflit, compte tenu de sa nomination par Lula et de son historique de confrontations avec des segments du Parlement.
Sources : Ô Globo [1], [2], [3] ; G1 [1], [2]; À Folha de SP [1], [2].



