Mercredi (03/06), la police civile a lancé une opération visant un groupe criminel accusé d'extorquer des commerçants, notamment dans la région de Baixada Fluminense et dans la zone ouest de Rio de Janeiro, afin de les forcer à acheter des produits alimentaires — y compris de la farine de blé — auprès de fournisseurs liés à des groupes de milices et à des factions criminelles. Des agents de la Division de répression du crime organisé et des enquêtes spéciales (Draco/IE) ont mené des perquisitions à plusieurs adresses dans les zones ouest et nord de la capitale. L'enquête porte sur un système qui aurait combiné coercition économique, contrôle territorial et monopole commercial afin de générer des profits illicites pour des organisations criminelles.
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Menaces
Les enquêteurs ont découvert que le groupe recourait systématiquement à des menaces de représailles, de pertes financières, voire à la fermeture forcée d'entreprises pour contraindre les commerçants à se plier à ses exigences. D'après l'enquête, les victimes étaient contraintes d'acheter des produits en quantités supérieures à leurs besoins opérationnels et à des prix nettement plus élevés que ceux du marché. L'escroquerie visait principalement les petites et moyennes entreprises, dont beaucoup sont devenues économiquement dépendantes de l'organisation pour poursuivre leurs activités. Les autorités estiment que cette campagne d'intimidation a créé un climat dans lequel les commerçants n'avaient d'autre choix que d'accepter les conditions imposées.
Structure d'entreprise
D'après les enquêteurs, le groupe avait mis en place une structure commerciale sophistiquée destinée à donner une apparence de légitimité à ses activités criminelles. Le réseau aurait facilité la distribution des marchandises et géré les transactions financières générées par ce système. La police a recueilli des éléments indiquant que l'exploitation économique des entreprises locales s'inscrit dans une stratégie plus vaste de contrôle territorial, par laquelle des organisations liées aux milices et au trafic de drogue étendent leur influence sur les secteurs commerciaux légitimes. Les autorités estiment que ce modèle permet aux groupes criminels de diversifier leurs sources de revenus tout en renforçant leur emprise sur les communautés et les marchés locaux.
La mafia de la farine
L’enquête fait suite à des plaintes déposées plus tôt cette année concernant la « mafia de la farine ». En mars, la municipalité de Belford Roxo a signalé que des trafiquants liés à un groupe criminel obligeaient les boulangers de certains quartiers de la ville à acheter leur farine de blé exclusivement auprès de fournisseurs associés à ce groupe. Selon les accusations, le produit était vendu à près du double de son prix habituel. Cette pratique aurait touché des commerces des quartiers de São José et de Parque Suécia, situés près de la frontière avec la municipalité de Duque de Caxias. De ce fait, le prix d'un petit pain aurait augmenté de 0.50 R$ à 0.80 R$ dans certains établissements. Le 54e commissariat de police a ouvert une enquête. Un rapport indique que les commerçants étaient contraints d'acheter des sacs de farine de 25 kg pour 100 R$, alors que le même produit se vendait généralement entre 60 et 70 R$ auprès de fournisseurs légitimes.
Enquête
L'objectif principal de l'opération de mercredi est de saisir des documents, des registres comptables, des appareils électroniques et d'autres preuves susceptibles d'aider les autorités à mieux cerner la structure et les activités financières de l'organisation. Les enquêteurs cherchent également à identifier toutes les personnes impliquées dans ce système, à retracer les flux financiers générés par l'opération et à déterminer si le groupe est lié à d'autres infractions pénales. Selon la police civile, l'enquête se poursuit et pourrait donner lieu à des opérations supplémentaires à mesure que de nouveaux éléments de preuve apparaissent.
Analyse:
L'opération contre la « mafia de la farine » illustre une transformation plus large du modèle économique du crime organisé à Rio de Janeiro. Plutôt que de s'appuyer exclusivement sur le trafic de drogue ou l'extorsion, les groupes criminels cherchent de plus en plus à contrôler les activités économiques légitimes sur les territoires qu'ils dominent. En contraignant les commerçants à acheter des produits auprès de fournisseurs liés à des milices ou à des organisations de trafiquants, ces groupes créent des marchés captifs qui génèrent des revenus stables tout en renforçant leur autorité locale. Ce type de coercition économique permet aux organisations criminelles de tirer profit des transactions commerciales quotidiennes sans nécessairement recourir à la violence visible, ce qui rend leur influence plus difficile à détecter et à démanteler.



