Sur les 2 511 fusillades recensées au cours du premier semestre de cette année dans les zones métropolitaines de Rio de Janeiro, Recife, Salvador et Belém, les forces de sécurité étaient impliquées dans 39 % des cas. Selon un rapport de l’Institut Fogo Cruzado, ce chiffre indique une augmentation de l’implication policière dans les incidents armés. Pour compiler ces données, l’institut combine les signalements participatifs effectués via une application mobile, vérifiés en temps réel, avec les informations d’une base de données ouverte sur la violence armée. Durant la même période l’an dernier, l’implication policière dans les fusillades s’élevait à 33 %.
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Six premiers mois
Au total, 2 403 personnes ont été blessées par balle au cours du premier semestre dans les 57 municipalités couvertes par le système de surveillance. Parmi ces victimes, 1 628 ont été tuées et 775 blessées. 901 personnes ont été blessées par balle lors d'interventions policières, tandis que les forces de sécurité ont été impliquées dans 989 fusillades.
Salvador
Salvador et son agglomération ont enregistré des taux d'implication policière dans les fusillades particulièrement élevés : 56 % des 656 incidents recensés impliquaient des interventions policières, une proportion supérieure à celle de Rio (47 %), Belém (45 %) ou Recife (9 %). Sur les 637 personnes blessées par balle dans la capitale de Bahia et les municipalités environnantes, 340 l'ont été lors d'interventions policières. Par ailleurs, 93 % des 14 incidents ayant entraîné de multiples décès, qualifiés de « tueries de masse » par l'étude, se sont produits lors d'opérations policières et ont fait 49 victimes. Les quartiers de Nordeste de Amaralina et de Pirajá représentent 37 % des décès enregistrés lors de ces tueries de masse impliquant la police. Dans les quatre agglomérations, le nombre de personnes blessées par balle lors de conflits entre factions a augmenté de 12 %, passant de 181 à 203, tandis que le nombre de victimes de vols a progressé de 9 %, passant de 239 à 260.
Record à Rio
La région du Grand Rio a enregistré 976 fusillades durant cette période. La police est intervenue dans 47 % de ces incidents, soit la proportion la plus élevée enregistrée pour les six premiers mois de l'année depuis 2017. Concernant les affrontements entre groupes armés, bien que le nombre de fusillades ait diminué de 35 %, le nombre de victimes a atteint un niveau record, avec 144 personnes blessées par balle, soit une augmentation de 78 %. Par ailleurs, 147 personnes ont été blessées par balle lors de vols ou de tentatives de vol, soit une hausse de 40 % et le chiffre le plus élevé enregistré ces quatre dernières années. La municipalité de Rio de Janeiro a concentré 64 % de toutes les fusillades de la zone métropolitaine. Le quartier de Maré a enregistré le plus grand nombre d'incidents, tandis que celui de Taquara a dénombré le plus grand nombre de victimes, avec 29 personnes blessées par balle.
Recife
Recife a enregistré son plus faible nombre de fusillades depuis 2019, avec 645 incidents, soit une baisse de 12 %. Cependant, la zone métropolitaine a également enregistré le nombre le plus élevé de fusillades impliquant des opérations policières depuis le début de l'histoire, avec 60 cas, soit une augmentation de 88 %. Le nombre de personnes blessées par balle lors de vols a également fortement augmenté, de 89 % par rapport à la période de janvier à juin 2025. Avec 53 victimes, ce chiffre est également le plus élevé enregistré pour le premier semestre de l'année au cours des quatre dernières années.
Belém : Nombre record de fusillades dans les habitations
À Belém, les 234 fusillades recensées durant la période représentent une baisse de 20 %, même si les opérations de police restent responsables de 45 % des incidents. La violence armée touche également de plus en plus les espaces résidentiels, atteignant un niveau record : 59 personnes ont été blessées par balle à leur domicile. Ce chiffre est supérieur de 90 % à celui enregistré au cours du premier semestre 2025 et correspond au nombre total de cas recensés pour l’ensemble de l’année 2025. Les interventions et opérations de police représentent 76 % des fusillades survenues à domicile.
Analyse:
Les données du premier semestre 2026 révèlent une évolution significative du profil de la violence armée dans les principales métropoles brésiliennes : les opérations de police deviennent une composante de plus en plus importante des fusillades. Les forces de sécurité ont été impliquées dans 39 % des 2 511 fusillades recensées à Rio de Janeiro, Recife, Salvador et Belém, contre 33 % durant la même période en 2025. Cela n’indique pas nécessairement que les actions policières entraînent une augmentation générale de la violence, car les opérations sont souvent concentrées dans des zones déjà touchées par des groupes criminels armés. Toutefois, la proportion croissante de fusillades impliquant les forces de sécurité soulève d’importantes questions quant à l’intensité des affrontements policiers, aux stratégies opérationnelles et aux conditions dans lesquelles se déroulent les interventions armées.
Source : A Folha de SP.



